15 novembre 2007
Lula - “Engagement avec le changement”
M. les Chefs d’Etat et de Gouvernement ; Mesdames et Messieurs, visiteurs et chefs des missions spéciales étrangères ; M. le Président du Congrès National, le sénateur Ramez Tebet ; M. Le Vice-Président de la République, José Alencar ; M. le Président de la Chambre des Députés, le député Efraim Morais ; M. Le Président du Suprême Tribunal Fédéral, le ministre Marco Aurélio Mendes de Faria Mello ; Mesdames et Messieurs les Ministres d’Etat ; Mesdames et Messieurs les parlementaires ; Mesdames et messieurs présents lors de cette action d’investiture.
« Changement », tel est le mot-clé, tel a été le grand message de la société brésilienne lors des élections d’octobre. L’espoir a finalement battu la peur et la société brésilienne a décidé qu’il était temps de suivre de nouveaux chemins.
Face à l’épuisement d’un modèle qui, au lieu de générer la croissance, a produit la stagnation, le chômage et la faim ; face à l’échec d’une culture de l’individualisme, de l’égoïsme, de l’indifférence à l’égard de son prochain, de la désintégration des familles et des communautés.
Face aux menaces à la souveraineté nationale, à la précarité de la sécurité publique, au manque de respect envers les plus âgés et au manque de force des plus jeunes ; face à l’impasse économique, sociale et morale du Pays, la société brésilienne a choisi de changer et elle a commencé, par elle-même, à promouvoir les changements nécessaires.
C’est pour cela que le peuple brésilien m’a élu Président de la République : pour changer . Tel a été le sens de tout vote qui m’a été donné et a mon brave camarade
José Alencar. Et je suis ici, en ce jour rêvé par tant de générations de lutteurs qui sont venus avant nous, pour réaffirmer mes engagements les plus profonds et les plus essentiels, pour réitérer à tout citoyen et à toute citoyenne de mon pays la signification de chaque mot dit pendant la campagne, pour imprimer au changement un caractère d’intensité pratique, pour dire que l’heure est venue de transformer le Brésil en cette nation par nous tous rêvée : une nation souveraine, digne, consciente de sa propre importance dans le plan international et, en même temps, capable d’abriter, d’accueillir et de traiter avec justice tous ses fils.
Oui, nous allons changer. Changer avec courage et avec précaution, avec humilité et avec ardeur, changer en ayant conscience que le changement est un processus graduel et continu, et non seulement un acte de désir, un mouvement volontariste. Le changement par le dialogue et la négociation, sans précipitation, pour que le résultat soit consistant et durable.
Le Brésil est un pays immense, un continent à haute complexité humaine, écologique et sociale, avec presque 175 millions d’habitants. Nous ne pouvons pas le laisser continuer à la dérive, au plaisir des vents, sans un vrai projet de développement national et d’une planification de fait stratégique. Si nous voulons le transformer, afin de vivre dans une Nation dans laquelle tous pourront marcher la tête haute, nous devrons exercer quotidiennement deux vertus : la patience et la persévérance.
Nous devrons maintenir sous contrôle nos nombreuses et légitimes anxiétés sociales, pour qu’elles puissent être résolues au rythme adéquat et au bon moment ; nous devrons suivre la route les yeux ouverts et marcher à pas réfléchis, précis et solides, pour la simple raison que personne ne peut cueillir les fruits sans avoir auparavant planté les arbres.
Mais nous commencerons à changer dès maintenant, car, comme le dit la sagesse populaire, une longue marche doit commencer par les premiers pas.
Ce Pays est extraordinaire. Depuis l’Amazonie au Rio Grande do Sul, parmi des populations de plage, de sertão ou des bords des rivières, ce que je vois partout est un peuple mûr, travailleur et optimiste. Un peuple qui est toujours nouveau et jeune, un peuple qui connaît la souffrance, mais qui connaît aussi la joie, qui a confiance en soi, en ses propres forces. Je crois en un futur grandiose pour le Brésil, parce que notre joie est plus grande que notre crainte.
Le peuple brésilien, dans son histoire ancienne comme dans son histoire récente, a incontestablement prouvé sa grandeur et sa générosité, a prouvé sa capacité à mobiliser l’énergie nationale lors de grands moments civiques ; et je désire, avant tout, convoquer mon peuple à un grand rassemblement civique, un rassemblement contre la faim.
Dans un pays où se trouvent tant de terres fertiles et avec tellement de gens qui veulent travailler, il n’y aurait aucune raison pour parler de faim. Cependant, des millions de brésiliens, dans la campagne et dans la ville, dans les zones rurales les plus démunies et dans les périphéries urbaines, n’ont pas, en ce moment, de quoi manger. Ils survivent par miracle sous le seuil de pauvreté, quand ils ne meurent pas de leur misère, en mendiant un morceau de pain.
C’est une histoire ancienne. Le Brésil a connu la richesse des plantations de canne à sucre au début de l’époque coloniale, mais n’a pas vaincu la faim, il a proclamé l’indépendance nationale et a aboli d’esclavage, mais n’a pas battu la faim, a connu la richesse des gisements d’or à Minas Gerais, et de la production de café, dans la Vallée du Paraiba, mais n’a pas battu la faim ; il s’est industrialisé et a forgé un parc industriel remarquable et diversifié, mais n’a pas battu la faim. Cela ne peut continuer.
Pendant qu’il y aura un frère brésilien ou une sœur brésilienne qui a faim, nous aurons toutes les raisons d’avoir honte.
C’est pour cela que j’ai défini parmi les priorités de mon Gouvernement un programme de sécurité alimentaire qui s’appelle « Faim Zéro ». Comme j’ai dit lors de ma première déclaration après l’élection, si, à la fin de mon mandat, tous les Brésiliens ont la possibilité de manger au petit déjeuner, au déjeuner et au dîner, j’aurai accompli la mission de ma vie. C’est pour cela qu’aujourd’hui je déclare : finissons-en avec la faim dans notre Pays. Transformons la fin de la faim en une grande cause nationale, comme ont été dans le passé la création de la PETROBRAS et la mémorable lutte pour la redémocratisation du Pays. C’est une cause qui peut et qui doit être celle de tous, sans distinction de classe, de parti, d’idéologie. Face à l’appel de ceux qui souffrent du fléau de la faim, l’impératif éthique d’unir les forces, les capacités et les instruments doivent prévaloir, pour défendre ce qui est le plus sacré, c’est-à dire la dignité humaine.
Pour cela, une réforme agraire pacifique, organisée et planifiée sera indispensable.
Garantissons l’accès à la terre pour ceux qui veulent travailler, non seulement pour une question de justice sociale, mais pour que les champs du Brésil produisent plus et apportent plus d’aliments pour notre table à tous, qu’ils nous apportent du blé, du soja, de la farine, des frits, qu’ils nous apportent notre riz et nos haricots.
Pour que le paysan récupère sa dignité en sachant que, lorsqu’il se lève avec le soleil, chaque mouvement de sa bêche ou de son tracteur contribue pour le bien-être des brésiliens de la campagne et de la ville, nous encouragerons aussi l’agriculture familiale, le coopératisme, les formes d’économie solidaire. Elles sont parfaitement compatibles avec notre appui vigoureux à l’élevage et l’agriculture à grande échelle, à l’industrie agroalimentaire, elles sont, en vérité, complémentaires dans la dimension économique ainsi que dans la dimension sociale. Nous devons être fiers de tous ces biens que nous produisons et commercialisons.
La réforme agraire sera faite dans des terres improductives, dans les millions d’hectares disponibles aujourd’hui pour l’arrivée de familles et de semences, qui pousseront pleines de vies, avec des méthodes de crédit, et une assistance technique et scientifique. Nous ferons cela sans affecter en aucune façon les terres qui produisent, car les terres productives se justifient d’elles-mêmes et seront stimulées de façon à produire toujours plus, comme le démontre la gigantesque montagne de céréales que nous cueillons tous les ans.
Aujourd’hui, beaucoup de surfaces du Brésil sont dûment occupées, les terres cultivées s’étendent à perte de vue, il y a des endroits où la productivité est supérieure à celle de l’Australie ou des Etats-Unis. Nous devons prendre beaucoup de soin de cet immense patrimoine productif brésilien. D’autre part, il est absolument nécessaire que le pays reprenne sa croissance, générant des emplois et distribuant le revenu.
Je veux réaffirmer ici mon engagement avec la production, avec les Brésiliens et les Brésiliennes, qui veulent travailler et vivre dignement du fruit de leur travail. Je l’ai dit et je le répète : créer des emplois sera mon obsession. Nous allons surtout encourager le Projet Premier Emploi, qui crée des opportunités aux jeunes, qui ont aujourd’hui d’immenses difficultés à s’insérer dans le marché du travail. Dans ce sens, nous travaillerons pour dépasser nos vulnérabilités actuelles et pour créer des conditions macroéconomiques favorables à la reprise de la croissance soutenue pour laquelle la stabilité et la gestion responsable des finances publiques sont des valeurs essentielles.
Pour avancer dans cette direction, nous devrons, en plus du combat implacable contre l’inflation, exporter plus, en ajoutant de la valeur à nos produits et en agissant, avec énergie et créativité, sur les sols internationaux du commerce globalisé.
De même, il est nécessaire d’encourager - beaucoup- le marché interne, en fortifiant les petites entreprises. Il est aussi nécessaire d’investir dans la capacitation technologique et dans l’infrastructure tournée vers l’écoulement de la production.
Pour remettre le Brésil dans le chemin de la croissance, qui génère les emplois si nécessaires, il nous manque un authentique pacte social pour les changements, et une alliance qui unisse objectivement le travail et le capital productif, générateurs de la richesse fondamentale de la Nation, de manière à ce que le Brésil dépasse la stagnation actuelle, pour que le Pays reprenne la navigation dans la mer ouverte du développement économique et social.
Le pacte social sera également décisif pour rendre viables les réformes que réclame la société brésilienne, et que je me suis engagé à réaliser ; la réforme de la Sécurité Sociale, la réforme tributaire, la réforme politique et de la législation du travail, et la réforme agraire. Cet ensemble de réformes va donner le départ à un nouveau cycle du développement national.
Le Congrès National pour le Développement Economique et Social sera un instrument fondamental dans ce pacte pour le changement, instrument dont je prétends me servir à partir de janvier, en réunissant des chefs d’entreprise, des travailleurs et des représentants des différents segments de la société civile.
Nous traversons un moment propice pour cela. Un moment rare dans la vie d’un peuple. Un moment où le Président de la République a, à ses côtés, la volonté nationale. Les chefs d’entreprises, les partis politiques, les Forces Armées et les travailleurs sont unis. Les hommes, les femmes, les plus jeunes et les plus âgés sont frères devant le même désir de contribuer pour que le pays accomplisse son destin historique de prospérité et de justice.
Au-delà de l’appui de l’immense majorité des organisations et des mouvements sociaux, nous comptons aussi avec l’adhésion enthousiasmée de millions de brésiliens et de brésiliennes qui veulent participer à cette croisade pour la reprise de la croissance contre la faim, le chômage et l’inégalité sociale. Il s’agit d’une puissante énergie solidaire que notre campagne a éveillée et que nous ne pouvons ni n’allons gaspiller. Une énergie éthique et politique extraordinaire qui trouvera des canaux d’expression dans notre Gouvernement.
Pour cela, je crois au pacte social. Avec ce même esprit, j’ai constitué mon Ministère avec quelques-uns des meilleurs de chaque segment économique et social de notre pays. Nous travaillerons en équipe, et non individuellement, pour le bien du Brésil et nous adopterons un nouveau style de gouvernement avec une transparence absolue et une stimulation permanente de la participation populaire.
Le combat à la corruption et la protection de l’éthique concernant la chose publique seront des objectifs centraux et permanents de mon Gouvernement. Il faut faire face de façon déterminée, et battre la vraie culture de l’impunité qui existe dans certains secteurs de la vie publique.
Nous ne permettrons pas que la corruption, la fraude et le gaspillage continuent de priver la population de ressources qui sont les siennes et qui pourraient tellement les aider dans leur dure lutte pour survivre.
Être honnête, c’est plus que ne pas voler et ne pas laisser voler. C’est aussi appliquer avec efficacité et avec transparence, sans gaspillages, les ressources publiques, cherchant des résultats sociaux concrets. Je suis convaincu que nous avons, de cette façon, une occasion unique de surmonter les principaux obstacles au développement soutenu du Pays.
Et croyez-moi, croyez-moi vraiment, je ne prétends pas gâcher cette occasion conquise avec la lutte de millions et de millions de brésiliens et de brésiliennes.
Sous mon commandement, le Pouvoir Exécutif maintiendra une relation constructive et fraternelle avec les autres Pouvoirs de la République, en respectant de façon exemplaire son indépendance et l’exercice de ses hautes fonctions constitutionnelles.
Moi-même, qui ai eu un jour l’honneur d’être un Parlementaire de cette Maison, j’espère compter avec la contribution du congrès national dans le débat et dans la viabilisation des réformes structurelles que le pays nous demande, à tous.
Dans mon Gouvernement, le Brésil sera au centre de toutes les attentions. Le Brésil doit, dans tous les domaines, regarder à l’intérieur de soi, afin de créer des forces qui lui permettront d’augmenter ses horizons. Regarder à l’intérieur de soi ne signifiera pas fermer les portes et les fenêtres vers le monde. Le Brésil peut et doit avoir un projet de développement qui soit en même temps national et universel, signifiant, simplement, l’acquisition de la confiance en nous-mêmes, en la capacité à fixer des objectifs à court, moyen et long termes, et à chercher à les réaliser. Le point principal du modèle vers lequel nous voulons avancer les l’augmentation de l’épargne interne et celle de notre capacité d’investissement, comme le Brésil a besoin de valoriser son capital humain en investissement en connaissance et en technologie.
Nous allons surtout produire. La richesse qui compte est celle générée par nos propres mains, produite par nos machines, par notre intelligence et par notre effort.
Le Brésil est grand. Malgré toutes les cruautés et toutes les discriminations, surtout contre les communautés indigène et noire, et malgré toutes les inégalités et les douleurs que nous ne devons jamais oublier, le peuple brésilien a réalisé une admirable œuvre de résistance et de construction nationale. Il a construit, au fil du siècle, une nation plurielle, diversifiée, voire même contradictoire ; mais qui se comprend d’un bout à l’autre du territoire ; das tambours du Maranhão au baroque de Minas ; de l’architecture de Brasilia à la musique « sertaneja ». L’arc de sa multiplicité s’étend dans les cultures de São Paulo , du Parana, de Santa Catarina, du Rio Grande do Sul et de la région Centre-Ouest. C’est une nation qui parle la même langue, qui partage les mêmes valeurs fondamentales, qui se sent brésilienne. Où le métissage et le syncrétisme se sont imposés, offrant au monde une contribution originale, où les juifs et les Arabes dialoguent sans peur, où toute migration est la bienvenue, parce que nous savons qu’en peu de temps, grâce à notre propre capacité d’assimilation et d’amour, chaque migrant devient un brésilien de plus.
Cette Nation qui s’est créée sous le ciel tropical doit affirmer ses buts ; à l’intérieur, elle doit rendre justice à la lutte pour la vie dans laquelle ses enfants sont engagés ; à l’extérieur, elle doit affirmer dans le monde sa présence souveraine et créative. Notre politique extérieure montrera aussi les besoins de changement qui se sont exprimés dans les rues. Dans mon gouvernement, l’action diplomatique du Brésil sera orientée par une perspective humaniste et sera, avant tout, un instrument du développement national. Par le biais du commerce extérieur, de la capacitation des technologies avancées, et de la recherche d’investissements productifs, les relations extérieures du Brésil devront contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la femme et de l’homme brésilien, en élevant les revenus et en générant des emplois dignes.
Les négociations commerciales ont aujourd’hui une importance vitale. En ce qui concerne l’ALCA, les pourparlers entre le MERCOSUL et l’Union Européenne, l’Organisation Mondiale du Commerce, le Brésil combattra le protectionnisme, luttera pour son élimination et cherchera à obtenir des règles plus justes et plus adaptées à notre condition de Pays en développement. Nous chercherons à éliminer les scandaleux subsides agricoles des pays développés qui nuisent à nos producteurs en les privant de leurs avantages comparatifs. De la même façon, nous nous efforcerons de retirer les obstacles injustifiables aux exportations de produits industriels. Il sera essentiel dans tous ces forums de préserver les espaces de flexibilité pour nos politiques de développement dans les terrains social et régional, de l’environnement, agricole, industriel et technologique. Nous ne perdrons pas de vue que l’ultime destinataire du résultat des négociations est l’être humain. Notre participation à un effort si important et si varié sert à peu de chose si de là ne s’ensuivent pas des bénéfices directs pour notre peuple. Nous serons aussi attentifs pour que ces négociations, qui aujourd’hui vont bien au-delà de simples réductions tarifaires et regroupent aussi un ample spectre de normes, ne créent pas de restrictions inacceptables au droit souverain du peuple brésilien à décider de son modèle de développement.
La Grande priorité de la politique extérieure pendant mon Gouvernement sera la construction d’une Amérique du Sud politiquement stable, prospère et unie, fondée sur des idéaux démocratiques et de justice sociale. Pour cela, une action ferme de revitalisation du MERCOSUL, affaibli par les crises de chacun de ses membres et par des visions souvent étroites et égoïstes de ce qui signifie « intégration », est essentielle.
Le MERCOSUL, ainsi que l’intégration de l’Amérique du Sud dans son ensemble, est surtout un projet politique. Mais ce projet repose sur des fondements économico-commerciaux qui doivent instamment être réparés et renforcés.
Nous prendrons soin aussi des dimensions sociale, culturelle, scientifique et technologique du processus d’intégration. Nous stimulerons des entreprises en commun et nous encouragerons un fort échange intellectuel et artistique entre les pays sud-américains. Nous soutiendrons les arrangements institutionnels nécessaires, pour qu’une vraie identité du MERCOSUD et de l’Amérique du Sud puisse apparaître. De nombreux voisins vivent aujourd’hui des situations difficiles. Nous contribuerons, quand nous y serons conviés et dans la mesure de nos possibilités, à trouver des solutions pacifiques pour de telles crises, en nous fondant sur le dialogue, les préceptes démocratiques et les normes constitutionnelles de chaque pays.
Nous aurons le même engagement de coopération concrète et de dialogues avec tous les pays d’Amérique Latine.
Nous chercherons à avoir avec les Etats-Unis d’Amérique un partenariat mûr, fondé sur l’intérêt réciproque et sur le respect mutuel. Nous chercherons à fortifier l’entendement et la coopération avec l’Union Européenne et ses Etats-membres, ainsi qu’avec d’autres importants pays développés, comme le Japon. Nous approfondirons nos relations avec de grandes nations en développement : la Chine, l’Inde, la Russie, l’Afrique du Sud, entre autres.
Nous réaffirmerons les liens profonds qui nous unissent à tout le continent africain et notre disposition à contribuer activement pour qu’il développe son énorme potentiel.
Nous ne cherchons pas seulement à exploiter les bénéfices potentiels d’un plus grand échange économique et d’une présence plus forte du Brésil dans le marché international, nous cherchons aussi à stimuler les éléments de multipolarité de la vie internationale contemporaine.
La démocratisation des relations internationales sans hégémonies de toute espèce est aussi importante pour l’avenir de l’humanité que la consolidation et le développement de la démocratie au sein de chaque Etat.
Nous valoriserons les organisations multilatérales, surtout les Nations Unies, première organisation responsable de la préservation de la paix et de la sécurité internationales.
Les résolutions du Conseil de Sécurité doivent être fidèlement suivies. Les crises internationales, comme celle du Moyen-Orient, doivent être résolues par des moyens pacifiques et par la négociation. Nous défendrons un Conseil de Sécurité réformé, représentant la réalité contemporaine avec des pays développés et en développement de toutes les régions du monde parmi ses membres permanents.
Nous ferons face aux défis de l’actualité, comme le terrorisme et le crime organisé, en comptant avec la coopération internationale et avec base sur les principes du multilatéralisme et du Droit International.
Nous soutiendrons les efforts qui visent à rendre l’ONU et ses agences des instruments agiles et efficaces dans la promotion du développement social et économique du combat contre la pauvreté, les inégalités, contre toutes les formes de discrimination, dans la défense des droits de l’homme et dans la préservation de l’environnement.
Oui, nous avons un message à faire entendre au monde : nous devons mettre notre projet national démocratiquement dans un dialogue ouvert, comme les autres nations de la planète, car nous sommes le nouveau, nous sommes la nouveauté d’une civilisation qui s’est dessinée sans crainte, car elle s’est dessinée sur le corps, l’âme et le cœur du peuple, souvent contre les élites, les institutions, et même l’Etat.
Il est vrai que la détérioration des liens sociaux au Brésil au cours des deux dernières décennies, à cause de politiques économiques qui ne facilitaient pas la croissance, a apporté un nuage menaçant sur le modèle tolérant de la culture nationale. Des crimes, des massacres et de lynchages ont crispé le Pays et ont rendu le quotidien, surtout dans les grandes villes, une expérience proche de la guerre de tous contre tous.
C’est pour cela que je commence ce mandat avec la ferme décision de mettre le Gouvernement Fédéral en partenariat avec les Etats au service d’une politique de sécurité publique beaucoup plus vigoureuse et efficace. Une politique qui, combinée à des actions de santé, d’éducation, entre autres, soit capable d’éviter la violence, de réprimer la criminalité et de rétablir la sécurité des citoyens et des citoyennes.
Si nous pouvons recommencer à marcher en pays dans nos rues et nos places, nous donnerons une impulsion extraordinaire au projet national de construire, dans cette Amérique, un bastion mondial de la tolérance, du pluralisme démocratique et de la cohabitation respectueuse entre les différences.
Le Brésil peut beaucoup donner à soi-même et au monde. Nous devons pour cela exiger beaucoup de nous-mêmes. Nous devons exiger même plus que nous imaginons, car nous ne nous sommes pas encore totalement exprimés dans notre Histoire, car nous n’avons pas encore accompli la grande mission planétaire qui nous attend. Le Brésil, dans cette nouvelle entreprise historique, sociale, culturelle et économique, devra compter surtout sur lui-même, il devra penser avec sa tête ; marche de ses propres jambes, entendre ce que lui dit son cœur. Et nous devrons apprendre à aimer encore plus intensément notre Pays, aimer notre drapeau, aimer notre lutte, aimer notre peuple.
Chacun de nous, Brésiliens, sait que ce que nous avons accompli jusqu’à présent est important, mais il sait aussi que nous pouvons beaucoup plus. Quand je jette les yeux sur ma vie de migrant du Nord-Est, de petit garçon qui vendait des cacahuètes et des oranges sur le quai de Santos, qui est devenu ouvrier mécanicien et leader syndical, qui, un jour, a fondé le Parti des Travailleurs et a cru en ce qu’il faisait, qui assume aujourd’hui le poste de Suprême Mandataire de la Nation, je vois et je sais, avec toute clarté et toute conviction, que nous pouvons beaucoup plus.
Et, pour ça, il suffit de croire en nous, en notre force, notre capacité à créer, et en notre disposition à agir. Nous commençons aujourd’hui un nouveau chapitre de l’histoire du Brésil, non pas en tant que nation soumise, abandonnant sa souveraineté, non pas en tant que nation injuste, regardant passivement la souffrance des plus pauvres, mais en tant que nation active, noble, qui s’affirme courageusement dans le monde comme une nation de tous, sans distinction de classe, d’ethnie, de sexe et de croyance.
Ceci est un pays qui peut faire, et fera, un grand saut de qualité. Ceci est le pays du nouveau millénaire, par sa puissance agricole, par sa structure urbaine et industrielle, par sa fantastique biodiversité, par sa richesse culturelle, par son amour à la nature, par sa créativité, par sa compétence intellectuelle et scientifique, par sa chaleur humaine, par son amour pour le nouveau et l’invention, mais surtout par les dons et les pouvoirs de son peuple.
Ce que nous vivons aujourd’hui, en ce moment, mes compagnons et mes compagnes, mes frères et mes sœurs de tout le Brésil, peut être résumé en quelques mots ; aujourd’hui le Brésil se rencontre avec lui-même.
Je remercie Dieu de m’avoir permis d’arrivé où je suis. Je suis maintenant le fonctionnaire public numéro un de mon Pays.
Je demande à Dieu la sagesse pour gouverner, la lucidité pour juger, la sérénité pour administrer, le courage pour décider, un cœur aussi grand que le Brésil pour me sentir uni à chaque citoyen et à chaque citoyenne de notre Pays dans le quotidien des quatre prochaines années.
Vive le peuple Brésilien !



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