17 décembre 2007
Norberto Bobbio
Norberto Bobbio est considéré comme le fondateur de la gauche italienne moderne.
Né le 18 octobre 1909, Norberto Bobbio adhère, en 1942, au parti Azione dont l’objectif affiché est “une démocratie sans adjectifs”, ni chrétienne, ni socialiste.
À Padoue, il va s’engager dans la résistance et sera brièvement emprisonné en 1943. Sa lutte contre le fascisme, bien qu’essentiellement intellectuelle, sera fondatrice de l’influence qu’il exercera au profit du respect des libertés civiles et politiques.
Il réintègre l’Université de Turin en 1948 et deviendra directeur de l’Académie des sciences de Turin et membre d’honneur des Universités de Paris, Buenos Aires, Madrid, Bologne et Chambéry.
Pendant toutes ces années, il va travailler avec de nombreux intellectuels dont le groupe turinois Guistizia e Libertà en compagnie de Foa, Leone et Natalia Ginzburg, Franco Antonicelli et Massimo Mila.
Toute sa vie, il s’engagera fermement en faveur des droits sociaux fondamentaux comme l’éducation, le travail ou encore la santé… Ces droits étant, pour lui, les conditions nécessaires à une véritable jouissance de la liberté.
Il n’aura de cesse, en homme ouvert au débat d’idées, d’ancrer sa réflexion dans « la certitude du doute » afin de mieux servir sa lutte pour la démocratie et ses valeurs, une démocratie « subversive, dans le sens le plus radical du mot, parce que, où elle arrive, elle bouleverse la conception traditionnelle du pouvoir, selon laquelle le pouvoir descend du haut vers le bas ».
Fidèle à cet idéal, il va devenir, dès les années 1950, l’esprit critique de la gauche italienne. En 1966, il soutient le processus d’unification entre les socialistes et les sociaux-démocrates. Un moment pressenti, en 1978, pour être le prochain président de la République, il sera finalement nommé sénateur à vie, en 1984, par le président de la République Sandro Pertini.
En 1984, dans Il futuro della democrazia, Bobbio dénonça quelques traits négatifs caractéristiques des démocraties modernes : la subordination des individus aux groupes organisés combattant pour des intérêts particuliers au détriment d’une représentation politique générale, le pouvoir croissant des techniciens et bureaucrates, ou encore l’instabilité gouvernementale dérivée de l’incapacité des autorités nationales à traiter l’ensemble des demandes sociales.



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