14 novembre 2007
RETRAITE SOLIDAIRE
« Il y a urgence à négocier. Nous faisons des propositions simples : 1 ans de travail pénible ou insalubre doit donner droit à 1 trimestre de « bonifications » pour le calcul des droits à la retraite », in déclaration de Jean-Christophe Le Duigou (CGT), 20 octobre 2004
Les seules propositions de réformes des retraites visent à réduire toujours un peu plus les droits des salariés au nom de la logique de la pyramide des âges et de l’allongement de l’espérance de vie.
Pourtant, le système français actuel n’est pas seulement déficitaire, il est aussi profondément injuste. Les inégalités de traitement des Français en matière de retraites sont bien plus choquantes que celles de revenus. Ceux qui vivent le plus longtemps sont aussi ceux qui partent le plus tôt et bénéficient les pensions les plus élevées.
Les ordonnances de 1945 visaient à garantir un régime obligatoire reposant sur l’universalité et l’unicité du système. Le premier objectif a été atteint dans les années soixante-dix mais la multiplicité des régimes de retraites a marqué une rupture évidente face aux buts initialement recherchés.
Surtout, le système actuel n’a pas tenu compte des disparités devant la santé des différentes catégories de salariés. À 60 ans, l’espérance de vie d’un ouvrier est de quinze ans tandis qu’un cadre bénéficie de cinq années supplémentaires.
Dans ce contexte, de nombreux salariés peuvent se demander comment ils vont pouvoir travailler quarante, quarante-deux voire quarante-cinq années, compte tenu des contraintes physiques subies durant leur carrière professionnelle et des conséquences qu’elles ont sur leur état de santé. Cette situation inégalitaire a été dénoncée par de nombreux économistes qui ont souligné le caractère anti-redistributif du système actuel de retraites au détriment des populations ayant une faible espérance de vie.
Toute reforme des retraites devrait donc tenir compte des statistiques de mortalité et de pénibilité des secteurs professionnels pour garantir une véritable solidarité.
Cette retraite solidaire supprimerait l’ensemble des régimes spéciaux existants et fixerait une durée de cotisation égale pour tous. Par contre, la valeur des années de cotisation ne serait pas la même suivant le métier. Ainsi, une année de travail d’un employé de bureau correspondrait à une année pleine de cotisations, alors que celle d’un instituteur en ZEP équivaudrait à 1,2 ou 1,5 années de cotisations. Celle d’un cadre supérieur à 0,9… Ces différences seraient fixées par des négociations par branches sous l’impulsion des pouvoirs publics.
Cette idée a déjà été mise en place en Suède où les pénalités et les majorations de pensions tiennent compte de l’espérance de vie au moment de la retraite.
Le site de l’Observatoire des inégalités : www.inegalites.fr
Le site de la Fédération Française de la santé au travail : http://www.federationsantetravail.org
Le site de la CGT : www.cgt.fr



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